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Musique classique et opéra par Classissima

Alfred Brendel

samedi 28 mai 2016


Classiquenews.com - Articles

19 février

Coffret cd, événement, annonce. Philips classics, The Stereo Years. 50 cd analogique (DECCA / Philips)

Classiquenews.com - Articles CD coffret, annonce. Philips classics, The Stereo Years. 50 cd analogique (DECCA / Philips). La marque mythique aujourd’hui éteinte ressort via Universal music, quelques unes des pépites légendaires qui font fait le son Philips des années 1960 à 1990… soit 30 années glorieuses où les ingénieurs de la firme ont étroitement travaillé avec les artistes, choisissant de concert, les meilleures acoustiques, afin d’offrir et de développer, d’enrichir et de ciseler ce son à nul autre pareil, à la fois naturel et mordant, grâce auquel l’auditeur a l’impression tangible d’être immerger DANS l’orchestre, parmi les voix. Ce coffret inestimable a sélectionné quelques unes des meilleures prises de son à cet égard, couvrant un répertoire très large, surtout concertant et symphonique, comme chambriste (pas d’opéras mais des récitals thématiques), offrant des conditions d’écoute inimaginables, souvent inouïes, que les prises de son actuelles peinent à égaler. Le son Philips : exemplaire, naturel et analytique ECOUTER LA MUSIQUE DANS L’ORCHESTRE... De fait, servante d’interprétations indiscutables (n’écoutez que, entre autres joyaux : Markevitch dans la Symphonie Manfred de Tchaikovski, ou l’exceptionnel son mozartien de Joseph Krips pour la trilogie symphonique des opus 30,40 et 41… ; ou encore l’urgence déroulant son métal incandescent d’Eduard van Beinum, à la tête du Concergebouw Amsterdam pour les Symphonies n°1 et 4 de Brahms – cette dernière faisant partie des bandes inédites du coffret…. des must absolus !, et combien d’autres), la technologie audio Philips atteint des sommets d’excellence sonore, un standar que n’aurait pas renié Karajan lui-même quia lors coopérait pour l’ingiénierie (semblable) Deutsche Grammophon. Ici les artistes Philips sont entre autres et selon, par ordre d’importance, préférence : Colin Davis et LSO (London Symphony Orchestra) pour Sibelius, Tchaikovski, Berlioz (Harold en Italie), Antal Dorati (Tchaikovski), Bernard Haitink (Haydn, Schubert, Richard Strauss pour Ein Heldenleben, Bruckner…), Marriner (Bizet), Kurt Masur (Brahms)…, sans omettre le jeune Ozawa et l’Orchestre de Paris pour la 4ème de Tchaikovsky (1974), l’une des rares bandes réellement inoubliables de la phalange parisienne, … ni Georg Szell pour la Première de Sibelius (avec le Concertgebouw Orchestra en 1957, l’un des enregistrements les plus anciens du coffret donc de l’odyssée Philips après la guerre, ou encore plus rares, les deux seules Symphonies de Kurt Weill par Edo de Waart et le Gewandhaus Leipzig, 1973… d’une sensualité inquiète particulièrement prenante, mangnifiquement détaillée dans une prise naturelle et analytique ; côté artisans orfèvres chambristes, écoutez le Beaux-Arts Trio (Schubert, Quatuors de Debussy et Verdi !) ; les pianistes Claudio Arrau (Beethoven, Liszt, Alfred Brendel (Schubert, Mozart, Liszt)… surtout Richter, interprète inoubliable des Tableaux d’une exposition de Moussorsgki (Sofia, 1958) ; les chanteurs José Carreras (récital Rossini, Bellini, Verdi, Mercadante), Elly Ameling (récitals Schumann, Schubert), Janet Baker (Handel), Cristina Deutekom (Verdi Bellini, Strauss), l’inatteignable et ineffable Jessye Norman (récital français dont les Nuits d’été de Berlioz…), et Gérard Souzay chez Lully et Rameau en 1963 … Coffret absolument incontournable. Le coffret outre la qualité des lectures réalisées et opportunément enregistrées, témoigne surtout d’une éthique de l’enregistrement sonore, d’une philosophie où, au risque d’être taxé de nostalgie dépressive, enregistrement signifiait surtout artisanat ciselé, mécanique d’orfèvrerie soigneusement réglée… CLIC de CLASSIQUENEWS de février et mars 2016. Prochaine grande critique développée dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com Coffret cd, événement. Philips classics, The Stereo Years. 50 cd analogique ( 4788977 Decca / Philips) TRACKLISTING / SOMMAIRE complet (*) = enregistrements publiés en première mondiale 
 CD1: Sibelius: Violin Concerto; 4 Humoresques; Tchaikovsky: Violin Concerto
Salvatore Accardo, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis  CD2: Schumann: Frauenliebe und leben; Liederkreis; Schubert: Lieder. 
Elly Ameling, Dalton Baldwin, Jörg Demus  CD3: Beethoven: Piano Concertos Nos. 3 & 4
Claudio Arrau, Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink  CD4: Liszt: 12 Etudes d’exécution transcendante / 
Claudio Arrau  CD5: Handel: Lucrezia + Arias; Gluck: Arias
Dame Janet Baker, English Chamber Orchestra, Raymond Leppard  CD6: Schubert: Piano Trios Nos.1 & 2 / 
Beaux Arts Trio  CD7: Beethoven: Piano Trios Nos. 4, 5, 6 & 9 / 
Beaux Arts Trio  CD8: Brahms: Symphonies Nos. 1 & 4* / 
Royal Concertgebouw Orchestra, Eduard van Beinum  CD9: Beethoven: Septet, Op.20; Sextet, Op.81b
Members of the Berlin Philharmonic Octet  CD10: Schubert: Piano Sonata No.21; Wanderer Fantasy / 
Alfred Brendel  CD11: Mozart: Piano Concertos Nos.21, 15 & 23 / 
Alfred Brendel, Academy of St. Martin in the Fields, Sir Neville Marriner  CD12: Liszt: Piano Concertos Nos. 1 & 2; Totentanz / 
Alfred Brendel, London Philharmonic Orchestra, Bernard Haitink  CD13: Italian Arias / 
José Carreras  CD14: Saint-Saens: Organ Symphony; Liszt: Organ Works* (Prelude and Fugue on the Name B-A-C-H, S.260; Funeral Ode, S.268 No.2; Fantasy and Fugue on “Ad nos, ad salutarem undam”, S. 259) 
Daniel Chorzempa, Rotterdam Philharmonic Orchestra, Edo de Waart  CD15: Dvorák: Symphony No.7 in D Minor; Cello Concerto in B Minor
 / Heinrich Schiff, Royal Concertgebouw Orchestra, Sir Colin Davis  CD16: Berlioz: Harold in Italy; Trista; 2 Overtures / 
Nobuko Imai, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis  CD17: Italian Opera Arias*; Johann Strauss
 / Cristina Deutekom, Orchestra of the RAI di Roma, Carlo Franci  CD18: Tchaikovsky: The Nutcracker
 / Royal Concertgebouw Orchestra, Antal Doráti  CD19: Berg & Stravinsky Violin Concertos; Mozart: Sinfonia Concertante
Arthur Grumiaux, Royal Concertgebouw Orchestra, Ernest Bour  CD20: Mozart: Sonatas For Piano & Violin K.301, 304, 376 & 378
 / Clara Haskil, Arthur Grumiaux  CD21: Schubert: Impromptus, D.899 & D.935
 / Ingrid Haebler  CD22: Haydn: Symphony No.96 – “Miracle”; Schubert: Symphony No.9 – “Great”
Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink  CD23: Strauss, R.: Ein Heldenleben; Death & Transfiguration / 
Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink  CD24: Bruckner: Symphony No.9
 / Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink  CD25: Chopin: Piano Concertos Nos. 1 & 2
 / Adam Harasiewicz, Wiener Symphoniker, Heinrich Hollreiser  CD26: Mozart*, Strauss and Bellini^ / Oboe Concertos
Heinz Holliger, Heinz Holliger, New Philharmonia Orchestra, Edo de Waart
^ Heinz Holliger, Frankfurt Radio Symphony Orchestra, Eliahu Inbal  CD27: Bruckner: Symphony No.5
 / Royal Concertgebouw Orchestra, Eugen Jochum  CD28: Beethoven: Diabelli Variations; Piano Sonata No.17, Op.31, No.2
Stephen Kovacevich  CD29: Beethoven: Violin Concerto in D Major, Op.61; Mozart: Violin Concerto No.4
 / Herman Krebbers  CD30: Bach, J.S.: Three Partitas for Solo Violin
 / Gidon Kremer  CD31: Mozart: Symphonies Nos. 39, 40 & 35 / 
Royal Concertgebouw Orchestra, Josef Krips  CD32: Chopin: Etudes, Op.10 & Op.25
 / Nikita Magaloff  CD33: Tchaikovsky: Manfred Symphony; Rimsky-Korsakov: Russian Easter Festival Overture / London Symphony Orchestra, Igor Markevitch  CD34: Bizet: Carmen Suite; L’Arlesienne Suites : 
London Symphony Orchestra, Sir Neville Marriner  CD35: Brahms: Symphonies Nos. 2 & 3
 / Gewandhausorchester Leipzig, Kurt Masur  CD36: Vivaldi: The Four Seasons : 
Felix Ayo, I Musici  CD37: Cimarosa: Requiem : 
Montreux Festival Chorus, Orchestre de Chambre de Lausanne, Vittorio Negri  CD38: Mozart: Don Giovanni & Die Entführung for Wind Ensemble +Rossini Overtures (Il barbiere di Siviglia & L’italiana in Algeri) / 
Netherlands Wind Ensemble  CD39: Berlioz: Nuits d’été; Ravel: Schéhérazade
Jessye Norman, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis  CD40: Tchaikovsky: Symphony No.6; Nutcracker Suite
 : Orchestre de Paris, Seiji Ozawa  CD41: Debussy & Ravel String Quartets / 
Quartetto Italiano  CD42: The Sofia Recital
 / Sviatoslav Richter  CD43: Giuliani: Guitar Concerto; Rodrigo: 3 Concertos / 
Pepe Romero, Angel Romero, Academy of St. Martin in the Fields, Sir Neville Marriner  CD44: Dvořák: Symphonies Nos. 6 & 5 / 
London Symphony Orchestra, Witold Rowicki  CD45: Brahms: Ein deutsches Requiem; Alto Rhapsody / 
Aafje Heynis, Wiener Symphoniker, Wolfgang Sawallisch  CD46: Baroque Opera Arias; Ravel Songs
 / Gérard Souzay  CD47: Sibelius: Symphony No.2; Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream
 / Royal Concertgebouw Orchestra, George Szell  CD48: Wieniawski: Violin Concerto No.2*; Szymanowski: Violin Concerto No.2*; Paganini Violin Concerto No.1 / 
Henryk Szeryng  CD49: Weill: Symphonies Nos. 1 & 2; Gershwin: Piano Concerto^
 / Gewandhausorchester Leipzig, Edo de Waart / Werner Haas, Orchestre National de l’Opéra de Monte-Carlo, Edo de Waart  CD50: Prokofiev & Khachaturian Cello Concertos + Tchaikovsky: Variations on a Rococo Theme, Op.33 / Christine Walevska, Orchestre National de l’Opéra de Monte-Carlo, Eliahu Inbal / Maurice Gendron, Wiener Symphoniker, Christoph von Dohnanyi

Les bons plans de la musique classique

12 mars

Coffrets en promotion : Harnoncourt, Bernstein, Brendel, Gilels, Gould...

Amazon.it propose actuellement des coffrets-référence à prix nettement réduit (entre -30 et -60% environ), dont voici les plus intéressants. On y trouve notamment l'intégrale des cantates de Bach sous la direction de Leonhardt et Harnoncourt, et les pianophiles ont l'embarras du choix entre les intégrales Bernstein, Brendel et Gilels et les coffrets Pollini/Beethoven et Schiff/Mozart... Bach :




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8 janvier

CD, coffret. Alfred Brendel, The complete Philips recordings (114 cd Decca)

CD, coffret. Compte rendu critique: ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitée). Actualité hautement pianistique en ce mois de janvier 2016. Après un somptueux coffret Radu Lupu, et à quelques jours de la parution très attendue du dernier album (Water) de la pianiste Hélène Grimaud (chez Deutsche Grammophon), Decca édite un exceptionnel coffret regroupant tous les enregistrements Philips du pianiste Alfred Brendel, ce pour ces 85 ans en 2016. The complete Philips recordings totalise ainsi 114 cd, réorganisant l’intégrale des enregistrements réalisés de la fin des années 1960 au cycle des adieux, ceux de sa dernière tournée en décembre 2008. En plus d’un ouche feutré sobre et sensible, Brendel est un rare pianiste sachant mesurer la subtilité et l’humour. Un facétieux, à la fois intellectuel et aussi, pour ceux qui l’ont connu personnellement doué pour l’autodérision. Le legs de Bredenl est ici organisé en 4 parties : 1- Mozart, Bach et surtout Haydn, avec en bonus le cycle complet des Concertos pour piano et orchestre de Mozart réalisé avec Neville Marriner 2- Beethoven : d’abord les 3 intégrales des Concertos pour piano et orchestre (réalisées avec Rattle, Levine et Haitink) ; mais aussi les 2 cycles des Sonates pour piano (1970-1977 et 1992-1996). 3- Les Romantiques : les 2 cycles regroupant les oeuvres tardives pour piano de Schubert ; les Concertos pour piano et Totentanz de Liszt ; Tableaux d’une exposition de Moussorgski ; oeuvres de Berg, Busoni, Schoenberg. 4- enfin, le dernier volet comprend la musique de chambre, les lieder et les prises live : lieder de Schumann et Schubert avec l’immense baryton légendaire Dietrich Fischer Dieskau, Matthais Goerne ; les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven avec son fils violoncelliste Adrian. Enfin l’intégralité de son dernier récital, celui des adieux, donné à Vienne le 18 décembre 2018. Outre le soin apporté à cette intégrale discographique de premier plan, saluons le superbe livre, véritable mine et écrin de clichés photographiques représentant l’interprète en situation, concerts et hors concert délivrant la photogénie du passeur, à la fois poète, artiste habité par l’idéal artistique et une pensée toujours à l’affût (diversité des clichés provenant de fonds déjà connus mais aussi des archives personnelles de la famille Brendel). L’homme au parapluie semble bien conserver intacte l’intensité d’une sensibilité qui s’est toujours préservée des contingences extérieures : un artiste qui nous a régalé par cette capacité à s’immerger dans chaque oeuvre qu’il a jouée, surtout Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert. Coffret exceptionnel, incontournable. Donc CLIC de classiquenews de janvier 2016. CD, coffret. ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitée) 114 cd + 1 Beaux-livre (richement illustré de photographies 114 cd Decca). tracklisting : BACH · HAYDN · MOZART CD1: Bach, J.S.: Italian Concerto; Chromatic Fantasia & Fugue CD2: Haydn: Piano Sonatas Nos. 20 & 49 CD3: Haydn: Piano Sonatas Nos. 32, 34 & 42; Fantasia in C CD4: Haydn: Piano Sonatas Nos. 48, 50 & 51 CD5: Haydn: Piano Sonatas Nos. 37, 40 & 52; Andante con variazioni CD6: Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 13 & 14 CD7: Mozart: Piano Sonata No.11; Adagio in B Minor; Duport Variations K.573 CD8: Mozart: Piano Sonatas Nos. 3, 4 & 18 CD9: Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 9 & 15 CD10: Mozart: Piano Sonatas Nos. 10, 11 & 17 CD11: Mozart: Piano Sonatas Nos. 12, 13 & 14 CD12: Mozart: Piano Sonatas Nos. 4 & 15 CD13: Mozart: Piano Concertos Nos. 5, 6 & 10 CD14: Mozart: Piano Concertos Nos. 7, 8 & 11 CD15: Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 12; Rondo, K.386 CD16: Mozart: Piano Concertos Nos. 13 & 17; Concert Rondo, K.382 CD17: Mozart: Piano Concertos Nos. 14, 15 & 16 CD18: Mozart: Piano Concertos Nos. 18 & 19 CD19: Mozart: Piano Concertos Nos. 20 & 21 CD20: Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 23 CD21: Mozart: Piano Concertos Nos. 24 & 25 CD22: Mozart: Piano Concertos Nos. 26 & 27 Academy of St. Martin in the Fields, Sir Neville Marriner CD23: Mozart: Piano Concertos Nos.20 & 24 CD24: Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 27 CD25: Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 25 CD26: Mozart: Piano Concertos Nos. 12 & 17 Scottish Chamber Orchestra, Sir Charles Mackerras CD27: Mozart: Piano Quartet in E flat Major & Piano Concerto No.12 (arr. for piano & string quartet) with Alban Berg Quartet CD28: Mozart: Ch’io mi scordi di te - Jessye Norman, Sylvia McNair, Academy of St. Martin-in-the-Fields under Sir Neville Marriner BEETHOVEN CD29: Beethoven: Piano Sonatas Nos.1, 2 & 3 [Analogue cycle] CD30: Beethoven: Piano Sonatas Nos.4, 15 & 20 CD31: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 5, 6 & 7 CD32: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 8, 9, 10 & 11 CD33: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 19 CD34: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17 & 18 CD35: Beethoven: Piano Spnatas Nos. 21, 22 & 23 CD36: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 25, 24, 27 & 23 CD37: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 26 CD38: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 30, 31 & 32 CD39: Beethoven: Pano Sonatas Nos. 1, 2 & 4 [digital cycle] CD40: Beethoven: Piano Sonatas Nos.3, 5, 6 & 8 CD41: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 7, 9, 10 & 11 CD42: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 15 CD43: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17, 18 & 19 CD44: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 20, 21, 22 & 23 CD45: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 24, 25, 26, 27 & 28 CD46: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 30 CD47: Beethoven: Piano Sonatas Nos. 31 & 32 CD48: Beethoven: Eroica Variations; Bagatelles Op.126, 6 Ecossaises WoO 83, 6 Piano Variations in F Op.34, etc. CD49: Beethoven: Bagatelles Op.33, 119 & 126 CD50: Beethoven: Diabelli Variations (1988) CD51: Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 2 CD52: Beethoven: Piano Concertos Nos. 3 & 4 CD53: Beethoven: Piano Concerto No.5 – Emperor”; Fantasia, Op.80 - London Philharmonic Orchestra, Bernard Haitink CD54: Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 4 CD55: Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 3 CD56: Beethoven: Piano Concerto No.5 – “Emperor” Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle SCHUBERT · SCHUMANN · LISZT · BRAHMS CD57: Schubert: Piano Sonatas Nos. 4, 9 & 13 (analogue) CD58: Schubert: Piano Sonatas Nos. 14 & 16; Piano Sonata in C, D.840 (analogue) CD59: Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 18 (analogue) CD60: Schubert: Piano Sonatas Nos. 19 & 20 (analogue) CD61: Schubert: Piano Sonata No.21; 3 Klavierstüke, D.946 (analogue) CD62: Schubert: 4 Impromptus, D.899; 4 Impromptus, D.935 (analogue) CD63: Schubert: Wanderer Fantasy; 6 Moments Musicaux, D.780 (analogue) CD64: Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 14 (digital) CD65: Schubert: Piano Sonata No.20 in A Major, D.959 (digital) CD66: Schubert: Piano Sonata No.19; 6 Moments Musicaux (digital) CD67: Schubert: Piano Sonata No.16; Klavierstücke, D.946 (digital) CD68: Schubert: Four Impromptus, D.90; Four Impromptus, D.935 (digital) CD69: Schubert: Piano Sonata No.18; Piano Sonata in C, D.840 (digital) CD70: Schubert: Piano Sonata No.21; Wanderer Fantasy (digital) CD71: Weber: Konzertstück in F Minor; Piano Sonata No.2 CD72: Schumann: Piano Concerto; Fantasie London Symphony Orchestra, Claudio Abbado CD73: Schumann: Piano Concerto, Fantasie Philharmonia Orchestra, Kurt Sanderling CD74: Schumann: Kreisleriana; Kinderszenen CD75: Schumann: Symphonic Studies; Mussorgsky: Pictures at an Exhibition.. CD76: Liszt: Piano Concertos Nos. 1 & 2 + Totentanz, etc. CD77-78: Liszt: Sonata; Années:Italie CD79: Liszt: Années de pélerinage – Suisse CD80: Liszt: Années de pèlerinage CD81: Liszt: Harmonies poétiques et religieuses CD82: Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor Royal Concertgebouw Orchestra, Hans Schmidt-Isserstedt CD83: Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor, Theme and Variations in D minor from String Sextet, Op. 18 Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado CD84: Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink CD85: Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado CD86: Schoenberg: Piano Concerto; Busoni: Toccata; Berg: Piano Sonata, Op.1; Schoenberg: Piano Concerto* - Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Rafael Kubelik - *SWF Sinfonie Orchester Baden-Baden, Michael Gielen CHAMBER MUSIC & LIVE RECORDINGS CD87: Mozart Quintet in E-flat major K452 & Beethoven Quintet in E-flat major, Op.16 with Heinz Holliger, Eduard Brunner, Hermann Baumann, Klaus Thunemann CD88-89: Beethoven: Complete Works for Piano & Cello | with Adrian Brendel (violoncelle) CD90: Schubert: Trout Quintet | with Cleveland Quartet CD91: Schubert: Trout quintet & Mozart: Piano Quartet In G Minor – Thomas Zehetmair, Tabea Zimmermann, Richard Duven, Peter Riegelbauer CD92: Schumann: Works for Oboe and Piano | with Heinz Holliger CD93: Schubert: Lieder | with Dietrich Fischer-Dieskau CD94: Schubert: Schwanengesang | with Dietrich Fischer-Dieskau CD95: Beethoven: An die ferne Geliebte & Schubert: Schwanengesang | with Matthias Goerne CD96 Schubert: Winterreise | with Dietrich Fischer-Dieskau CD97 Schubert: Winterreise | with Matthias Goerne CD98: Schumann: Dichterliebe (Waechter) | with Eberhard Wachter CD99: Schumann: Dichterliebe & Liederkreis | With Dietrich Fischer-Dieskau CD100: Beethoven: Diabelli Variations (1976 Live) CD101: Beethoven: Diabelli Variations (2001 Live) CD102: Beethoven: Piano Sonatas opp.106 & 78 CD103: Bach, Haydn & Beethoven Recital CD104-105: Schubert: Piano Sonata No. 18; Piano Sonata no. 9; Piano Sonata No. 20; Piano Sonata No. 21 (Live) CD106: Live in Salzburg: Haydn: Variations in F Minor; Piano Sonata in C H.XVI no. 50, Schubert: Piano Sonata No. 14 in A Minor; Piano Sonata in C, D.840, Wagner/Liszt: Isoldes Liebstod (piano transcription) CD107: Chopin Andante Spianato and Grand Polonaise in E flat op.22/ Mendelssohn: Variations sérieuses op.54 / Busoni: Seven Elegies / Beethoven: Piano Sonata No.28 op.101 [BBC] CD108-110: Beethoven Piano Concertos Nos. 1-5 Chicago Symphony Orchestra, James Levine CD111: Birthday Tribute Disc 1: Brahms: Piano Concerto no. 1,Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Colin Davis CD112: Birthday Tribute Disc 2: Mozart: Piano Concerto No. 25 K.503*;Beethoven: Piano Sonata No. 31; Schubert: Impromptu No. 1 in F Minor (from 4 Impromputs Op. 142) *SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Hans Zender CD113-114: Farewell Concerts: Mozart: Piano Concerto no. 9*; Haydn: Variations in F Minor; Mozart: Piano Sonata no. 15; Beethoven: Piano Sonata no. 13; Schubert: Piano Sonata no. 21; Beethoven: 4. Andante (from 7 Bagatelles op. 33); Schubert: No. 3 in G Flat Major (from 4 Impromptus op. 90); Bach: Nun komm, der Heiden Heiland BWV 659 *Wiener Philharmoniker, Sir Charles Mackerras



Carnets sur sol

29 novembre

Henrik IBSEN – John Gabriel Borkman – Compagnie du Tourtour

La joie naïve de Foldal, dans l'édition originale. 1. Le projet Poursuivant l'exploration intégrale des Ibsen – de maturité, car j'abandonne peu à peu l'espérance de voir, je ne dis même pas Catilina ou Le Tertre des Guerriers, œuvres de prime jeunesse, mais un haut chef-d'œuvre comme Les Prétendants à la Couronne , sorte de pastiche du Hakon hin Rige d'Oehlenschläger, mais posant les questions de dévoilement et d'identité propres à Ibsen –, je saute sur l'opportunité de voir à la scène John Gabriel Borkman, son drame pénultième. Vous pouvez retrouver quelques pistes de lecture autour du redéploiement des thèmes principaux d'Ibsen dans ses diverses pièces de Hærmædene paa Helgeland (1858) à Når vi døde vaagner (1899) dans le chapitre qui y est consacré (pour les plus anciennes, il faut les parcourir par mois, en bas de la colonne de droite). Beaucoup de choses y sont déjà dites, auxquelles il sera fait référence, ne pouvant tout redévelopper à chaque nouvelle entrée. 2. Un emplacement Je vois deux façons commodes de classer la production d'Ibsen. ¶ Par matière. D'abord historique, légendaire, épique. Par exemple : Catilina (1850) ; Le Tertre des Guerriers (1850) ; Les Guerriers à Helgeland (1858), qui met en scène Sigurd le Fort ; Les Prétendants à la Couronne (1863), pastiche d'Oehlenschläger et un quasi-Macbeth norvégien Pe er Gynt (1867), qui marque une inflexion vers la fable ; Empereur et Galiléen (1873), très libre réinterprétation de Julien l'Apostat (dans un goût assez proche de la Tentation de saint Antoine). Dans un second temps, tournée vers l'espace domestique (toutes ses pièces à partir de 1877, sans exception) : Les Pilliers de la société (1877) ; Une Maison de poupée (1879) ; Les Revenants (1881), qui ne sont pas des fantômes (même si le titre norvégien Gengangere peut le suggérer) mais des « retournants » au sein du foyer ; Un Ennemi du Peuple (1882) ; Le Canard sauvage (1884) ; Rosmersholm / La Maison Rosmer (1886 ) ; La Dame de la mer (1888), avec une figure certes étrange, évidente référence à une sorte de Hollandais volant qui fait retour, mais qui n'est que le cœur d'une intrigue familiale et domestique ; Hedda Gabler (1890) ; Solness le constructeur (1892) ; Petit Eyolf (1894) ; John Gabriel Borkman (1896) ; Quand nous nous réveillerons d'entre les morts (1899), simple dialogue d'un couple, sorte de bilan d'une relation. Entre les deux groupes, Br and (1866 ) fait la jointure, drame domestique ouvert sur l'extérieur avec la figure du prêcheur, aux accents très épiques. ¶ Plus intéressant à mon sens, par logique dramaturgique – et si la segmentation n'est plus aussi nette, on sent bien les lignes de force qui évoluent au fil du temps. Drames profusifs, multipliant les lieux, les personnages, les effets : Les Guerriers à Helgeland (1858) ; Les Prétendants à la Couronne (1863), où l'on parcourt la Norvège en compagnie de souverains historiques de la Norvège ; Br and (1866 ), où l'on se rend dans le grand Nord en multipliant les cadres : les étendues neigeuses, la traversée de fleuves, la demeure de Brand, le village dans le fjord, le sommet du fjeld… C'est d'ailleurs, comme Peer Gynt, un lesedrama, qui contient de nombreux événéments difficiles à représenter (la foule des partisans, l'ascension du fjeld…). Le tout dans un ton hautement épique, malgré des scènes d'une grande intimité (le terrible acte III, l'un des plus éprouvants de tout Ibsen) ; Pe er Gynt (1867), l'exemple le plus frappant de l'explosion des lieux, des scènes, des personnages impossibles (le Courbe !), un Faust à la norvégienne ; Empereur et Galiléen (1873), se déroulant aussi dans de très nombreux lieux, mettant en scène des personnages historiques, des apparitions mystiques… Drames sociétaux, qui mêlent les grandes interrogations d'Ibsen de façon très dense, multipliant les enjeux sans que le propos, la direction de l'ensemble soit clairement explicitée : Br and (1866 ), la foi, la faute, l'absolu, la vérité, la famille et même l'au-delà ; Les Piliers de la société (1877), respectabilité et artifice, dissimulation et révélation, famille, responsabilité et absolution, enfermement et mondes nouveaux ; Une Maison de poupée (1879), dissimulation et révélation, loyauté et identité, famille et individu ; La Maison Rosmer (1886 ), dissimulation et révélation, enthousiasme et illusion, morale et vérité, mensonge et authenticité, abattement et accomplissement ; La Dame de la mer (1888), amour, attente, transaction, maladie, engagement. Drames familiaux, sortes de microdrames, sous-catégorie des drames sociétaux où l'accent est mis sur un ou deux aspects plus précis, où toute la vie n'est pas embrassée en un seul drame, où le propos est plus lisible. Les Revenants (1881) : syphilis, inceste et suicide assisté (évidemment, ça a un peu fait scandale) ; Le Canard sauvage (1884) : secrets de famille ; Hedda Gabler (1890) : secrets de couple ; Solness le constructeur (1892) : ambition et accomplissement ; Petit Eyolf (1894) : handicap et deuil d'un enfant, culpabilité des parents ; John Gabriel Borkman (1896) : le vieil âge, le déshonneur, l'abandon par ses enfants ; Quand nous nous réveillerons d'entre les morts (1899, littéralement « Quand morts nous nous éveillons ») : bilan désabusé d'un couple. Pour ma part, à l'exception de Kongs-Emnerne (Les Prétendants, qui contient déjà beaucoup de ces aspects ultérieurs), c'est la partie centrale des drames psychologiques étendus (« drames sociétaux ») qui contient les œuvres qui me touchent le plus : ce pourrait aussi bien être la liste de mes goûts. John Gabriel Borkman entre donc dans la catégorie des derniers drames d'Ibsen, plus ascétiques, plus prévisibles, qui explorent plus en détail un aspect de thématiques déjà familières. 3. Lignes de forces dans John Gabriel Borkman 3.1. Récurrences On retrouve à plusieurs niveaux des invariants du théâtre d'Ibsen, bien sûr. 3.1.1 Récurrences de décors Parmi les nombreux éléments de décor communs, on retrouve en particulier les questions de climat (le climat hostile du Nord est déjà décisif dans Brand, et largement évoqué par touches dans nombre de pièces) et de santé (ici, la nourrice mourante revient récupérer son fils adoptif ; ailleurs, par exemple dans La Dame de la Mer, la maladie devient partie intégrante d'une personnalité et justifie ses attentes, voire son chantage). Le Sud paraît toujours (et pas seulement le vrai Sud comme dans Peer Gynt ou l'Amérique extraordinairement moderne comme dans Rosmersholm ou Les Piliers de la Société, le Sud de la Norvège suffit, comme pour Brand ou La Dame de la Mer) comme un lieu infiniment accueillant, vu par contraste avec le Nord stérile, un lieu de culture et de douceur de vivre, loin de l'autarcie rugueuse et vaine du Nord – où se passe pourtant l'essentiel de ses pièces. 3.1.2 Récurrences psychologiques Ibsen aime mettre en lumière des relations asymétriques, ici matérialisé par le mépris de Borkman envers l'ami qu'il a ruiné et qui continue de lui vouer un culte (au prix de quelques compliments insincères sur sa tragédie de jeunesse). Inévitablement, pour cette relation comme pour les autres à l'intérieur de la famille Borkman, les comptes se règlent, sorte de façon mélancolique de mettre à distance son passé. De même pour les chantages affectifs odieux (ici un trio d'accapareurs, voulant chacun gouverner l'âme du fils, chargé de donner un sens aux échecs de chacun de ses trois parents – la question du sens donné est capitale pour les personnages d'Ibsen) et les volontés soudaines, les délires d'invincibilité qui précèdent les ailes brisées, la réalité de la médiocrité et de l'impuissance, et que chaque (anti-)héros d'Ibsen vit à son tour : Skule (Les Prétendant à la Couronne), Brand, Peer Gynt, Julien l'Apostat (Empereur et Galiléen), Karsten Bernick (Les Piliers de la Société), Oswald Alving (Les Revenants), Hjalmar Ekdal (Le Canard sauvage), Rosmer, Ulrik Brendel (Rosmersholm), Hedda Gabler, Solness, ou bien des personnages moins centraux comme Dr Rank (Une Maison de poupée), Lyngstrand (La Dame de la Mer)… Ces changements brutaux d'humeur peuvent être liés à un complexe enfoui (Solness), à un projet bancal (le prêcheur intransigeant Brand, le photographe Ekdal, le philosophe Brendel, l'épouse Gabler) ou quelquefois, comme pour Rank ou Alving, aux maladies vénériennes (du père, pour Rank !). Borkman, lui, du fond de l'étage de sa maison où sa femme même ne lui adresse plus la parole (après la faillite provoquée par des placements faits sur des fonds non autorisés, tout s'effondrant une fois la révélation faite), attend le jour où il sera rappelé car indispensable, et où l'on reconnaîtra sa pénétration visionnaire de la finance. La découverte de la réalité le conduit au même délire posé cette fois sur la personne de son fils. 3.1.3 Récurrences de formules L'exposition, de forme très classique (questions-réponses, même si habillées d'une touche d'animosité entre les deux vieilles jumelles), contient d'emblée les paroles magiques de l'univers d'Ibsen : si on fait une chose, le fait-on « de plein gré, tout entier » ? Et alors que tout s'exprime à l'aune de l'individu (« il me semble » est une formule assez caractéristique également), les décisions doivent être prises « indissolublement, irrévocablement, de plein gré » – et cela ne se limite pas au mariage prochain du fils. Ce processus d'absolu, sorte d'écho mal digéré de lectures religieuses, répercuté sans fin à l'intérieur de personnalités obsessionnelles, est très minutieusement approfondi dans Brand (jusqu'au crime impensable d'un père), mais se retrouve partout, aussi bien sous forme de pactes (les rencontres dans Empereur et Galiléen, les chantages de La Maison de poupée, l'engagement politique ou la mort dans Rosmersholm, les liens de l'amour et du sang dans Les Revenants, l'attente dans La Dame de la mer) que de recherche personnelle (la folie de la vérité qui saisit Skule dans Les Prétendants à la Couronne, l'absurde fascination pour le canard sauvage, l'état du mariage dans Quand morts nous nous éveillons). À chaque moment, l'absolu, le besoin de pousser un acte, voire un simple principe abstrait, jusqu'à son terme, dévore les personnages, qui doivent se jeter dans l'abîme pour vérifier son existence ou sa possibilité. L'amour délaissé d'Ella et le choix de vie d'Erhart vont laisser, dans Borkman, libre cours à ce genre d'élaborations. 3.1.4 Récurrences de structures Même si Borkman est moins nettement un drame du dévoilement que la plupart des autres pièces d'Ibsen, où le cheminement irrésistible vers la vérité aboutit à la révélation de l'impuissance et à la déchéance, une bonne partie de l'action reste tout de même liée à l'exhumation du passé – les relations véritables entre Ella et John, la rupture avec Foldal (la vérité les rendant immédiatement ennemis). Au milieu de pactes (liés aux formules précédemment mentionnées), Ibsen explore des spirales de responsabilités – la déchéance du banquier tient de ses agissements, certes, mais la révélation (avant, pense Borkman, la réussite de son entreprise, qui aurait profité même aux épargnants d'abord volés) de son forfait provient d'un amant éconduit pour son bénéfice. Aussi, la tentation d'effectuer la généalogie des événements et de reporter ailleurs le blâme surgit sans fin chez les trois protagonistes mûrs (Borkman, son épouse et la jumelle de celle-ci). Ibsen a d'ailleurs une façon bien particulière de traiter les discours de ses personnages : leurs argumentations ne répondent jamais directement aux questions posées, mais partent ailleurs soulever d'autres préoccupations, si bien que les mécaniques argumentatives ne sont jamais prévisibles, jamais achevées, mais s'échappent sans cesse pour soulever de nouveaux sujets, de nouveaux aspects. En cela John Gabriel Borkman est bien au centre de sa pièce. 3.2. Particularités Comme les autres drames tardifs, John Gabriel Borkman, au lieu d'embrasser tout l'univers d'Ibsen, explore une dominante précise. En effet, contrairement à tous les autres drames qui explorent la trajectoire d'un homme seul ou d'un couple, jeune ou encore dans la force de l'âge, Borkman s'intéresse en priorité aux ascendants et à la vieillesse. Ce n'est plus tant la question du dévoilement que de l'aveuglement, de l'enfermement dans ses propres projets, même lorsqu'ils ont rendu l'âme depuis longtemps : une épouse qui souhaite réparer son nom en se reposant sur le sacrifice de son fils, un escroc déchu qui attend d'être supplié pour revenir à son poste, une mourante qui espère que son fils adoptif qu'elle n'a plus vu depuis des années sacrifiera sa jeunesse pour accompagner ses derniers mois… Le tout s'achève dans une déchéance assez joyeuse et soulagée, qui n'est pas la norme non plus (Rosmerholm en est l'exemple le plus spectaculaire). Le plus étonnant et réussi réside dans la triple fin : tout pourrait s'arrêter après que le fils s'envole vers le Sud, lieu lumineux de culture, contre l'étouffement terrible de leur maison coincée dans un village du Nord. Mais deux autres épisodes viennent à leur tour clore l'histoire. Le suicide des vieilles gens au froid n'est pas particulièrement réussi (et parcouru de délires un peu sententieux, qui évoquent ceux de Skule dans Kongs-Emnerne, mais semble vraiment chercher à énoncer une leçon, ce qui est non seulement toujours un peu décevant, mais surtout absurde venant de telles gens), en revanche l'épisode qui précède, le retour de Foldal, l'ami ruiné puis rejeté par son propre bourreau, est un petit bijou d'ironie qui devrait être amère mais apporte une clarté inattendue, une forme de joie dénuée de fondement dans cet univers glacé. Quasiment renversé par la voiture qui lui enlève sa fille, partie étudier dans le Sud, blessé sans que les occupants ne s'arrêtent, il continue à s'extasier de la grâce qu'on lui a fait de lui passer dessus dans un si bel équipage, et pour aller réussir dans les hauts lieux de la civilisation. Cet épisode cruel est comme illuminé par la simplicité béate du personnage, au demeurant le seul de tout le plateau qui ne soit pas un repoussoir – même s'il est bien un peu naïf. Le perdant bienheureux Foldal est, comme Lyngstrand (le jeune malade sophistiqué de Fruen fra Havet), l'une des créations les plus drôles et attachantes du théâtre d'Ibsen. Borkman n'est donc pas, et de très loin, le drame le plus complet ni le plus touchant d'Ibsen, mais il apporte un angle différent, davantage centré sur le destin d'une famille après le vieillissement des déchus. 4. Dernières représentations Représentations en octobre au Théâtre de Ménilmontant par la Compagnie du Tourtour (dirigée depuis sa création en 1986 par Claudine Gabay, qui signe également la mise en scène). Les conditions n'étaient pas idéales : dix personnes dans la salle (je n'exagère pas, j'ai compté, cela m'inclut) – dont le metteur en scène, un retardataire et un dormeur. Scéniquement non plus : ce n'est pas un problème de décor (il n'y en a pas vraiment, seulement quelques meubles absolument pas typés), mais plutôt de direction d'acteurs. L'exposition est réalisée sur un rythme totalement égal, qui rend les questions mécaniques et exalte les coutures de ce qui n'est déjà pas l'entrée en matière la plus fine d'Ibsen. De même pour le trio d'accapareurs, scène suspendue digne d'un opéra rossinien, où chaque personnage tient simultanément un discours parfaitement idiosyncrasique. Côté acteurs, les mérites étaient très disparates. ¶ Mme Borkman => Martine Grinberg, doit l'état de la voix, très ternie et abaissée, empêche toute variation expressive. Tonalité adéquate à cette épouse et cette mère fort peu sensible, au demeurant. Mais en l'absence de direction forte, la monotonie primait. ¶ Ella Rentheim, sa sœur jumelle => Julie Vion-Broussailles, dont l'intonation trahissait régulièrement la récitation, ce qui n'est jamais plaisant. ¶ John Gabriel Borkman => Jean-Louis Besnard. Rien que le visage raconte tellement d'avanies, l'expression est fascinante à regarder, quoi qu'il dise. ¶ Erhart, fils de Borkman => Antoine Perez. Convaincu et allant, ces jeunes premiers ne sont pas si faciles à camper pourtant. ¶ Vilhelm Foldal, ami ruiné de Borkman => Michel Milkovitch. Son fort accent slave (serbe ?) et sa voix ronde concourent au caractère dérisoire du personnage avec bonheur : peut-être n'en irait-il pas ainsi dans un autre rôle, mais la concomitance se révèle parfaitement adéquate. ¶ La jeune veuve Wilton => Julia Sauveur. Très impressionnante : voix d'une fermeté remarquable, mais au grain de velours… Sa composition de la jeune veuve très décidée, peut-être passionnée mais surtout d'une grande conscience d'elle-même et de ses projets, est remarquable. C'est bien le portrait qui ressort du texte, vis-à-vis d'un personnage qui a peu l'occasion de laisser percevoir ses émotions, et qui mêle la séduction un peu inquiétante d'une femme capable de priver une mère de son fils à une apparence sociale un peu opaque, quelque part entre le parfum de scandale qu'apporte la liberté d'une jeune veuve autonome et la beauté naïve d'une jeune femme qui va découvrir le monde avec celui qu'elle aime. ¶ La femme de chambre et Frida Foldal => Outre que Pénélope Driant joue très bien du violon (habilement intégré aux épisodes où il est question de la jeune fille, qui a peu l'occasion de parle), ses compositions de Bécassine belge, puis la pupille ingénue, font preuve d'une réelle virtuosité en quelques mots – l'illusion est complète à chaque fois. En somme, l'impression de petits moyens, pas forcément dérisoires d'ailleurs, mais qui se justifient par le petit public… C'est un peu dommage, il y a fort à parier que les ibsenomanes ont manqué l'annonce d'une pièce rare – ou que ledit club contient trop de snobs, ce qui serait mal. -- Vous trouverez d'autres considérations en parcourant les autres entrées consacrées à Ibsen (liens directs placés dans les listes en début de notule). Un chapitre de CSS y est même consacré (notules ayant pour sujet Ibsen), et l'on peut retrouver toutes les allusions et jeux divers par ici .

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